Surveillance à long terme pour la détection et la prédiction des crises d’épilepsie dans la vie quotidienne à l’aide d’un système EEG intra-auriculaire

Résumé de soumission

L’épilepsie est un trouble neurologique courant, affectant 65 millions de personnes dans le monde. Cette maladie est caractérisée par la répétition spontanée de crises épileptiques dont le contrôle est l’objectif principal de son traitement. À ce jour, il n’existe pas de technologie suffisamment sensible pour le suivi ambulatoire à long terme des crises, en particulier pour les personnes souffrant d’épilepsie focale. Par conséquent, les médecins doivent se fier aux rapports – souvent inexacts – des patients et de leur entourage pour estimer la fréquence des crises. En revanche, dans les hôpitaux, l’électroencéphalogramme (EEG) de scalp est utilisé pour le diagnostic clinique de l’épilepsie depuis de nombreuses décennies et constitue un biomarqueur précis des crises. Néanmoins, ces enregistrements nécessitent le positionnement d’électrodes humides sur le cuir chevelu et sont souvent inconfortables pour le patient. Aussi, du fait du coût et de la faible disponibilité du matériel, l’enregistrement EEG n’est appliqué qu’à des patients sélectionnés et sur de courtes durées de quelques dizaines de minutes. Dans ce contexte, le projet MONIEAR fournit pour la première fois une étude innovante sur la faisabilité d’enregistrements EEG à long terme « hors laboratoire » (sur plusieurs mois) à l’aide d’une nouvelle génération de dispositifs portables.
Le projet MONIEAR est basé sur un nouveau dispositif intra-auriculaire capable de surveiller et de détecter les crises dans la vie courante. En effet, plusieurs études ont démontré que des données EEG fiables peuvent être enregistrées depuis l’intérieur du conduit auditif. De plus, les enregistrements EEG intra-auriculaires se sont révélés très efficaces pour détecter les crises du lobe temporal avec une sensibilité similaire aux enregistrements standard de scalp. Egalement l’ajustement d’un écouteur à l’intérieur du conduit auditif applique une pression sur les électrodes assurant des positions stables des électrodes et une réduction partielle des artefacts de mouvement qui obscurcissent généralement la qualité du signal dans l’EEG conventionnel. Enfin, les progrès récents dans la miniaturisation des capteurs, la communication sans fil et la puissance de calcul ont ouvert la possibilité d’un système d’acquisition EEG caché dans le conduit auditif et utilisant des électrodes sèches.
Dans notre étude clinique, nous étudierons d’abord 50 sujets atteints d’épilepsie réfractaire qui sont admis à l’unité de surveillance de l’épilepsie de l’Hôpital de la Fondation Rothschild pour une vidéo-EEG (phase EMU). Notre objectif principal est d’évaluer la possibilité de détecter les crises focales par le dispositif EEG intra-auriculaire, par rapport à un EEG multi-électrodes classique de scalp (gold standard), effectué simultanément pendant la phase EMU. Notre deuxième objectif est d’enregistrer, après avoir terminé la phase EMU, un sous-ensemble de 20 sujets avec le système intra-auriculaire à domicile. Chaque sujet sera suivi pendant 4 à 6 mois. Des données sur les convulsions, les événements indésirables, la conformité à l’utilisation de l’appareil et l’utilisation de médicaments antiépileptiques seront recueillies. Notre objectif est ici de prouver, à domicile, que le dispositif intra-auriculaire fournit des informations cliniquement utiles concernant les crises en les comparant avec les rapports des patients. En particulier, l’ensemble de données généré (1800 heures de données EEG brutes collectées à domicile par participant) offrira des possibilités prometteuses pour le développement de méthodes automatiques de détection des crises basées sur des algorithmes d’intelligence artificielle. En outre, la base de données fournira de nouvelles informations sur la possibilité de prédiction des crises et la détection de schémas circadiens à haut risque de survenue de crises.
A terme, l’enregistrement EEG continu des patients en dehors des établissements hospitaliers va procurer aux cliniciens des informations fiables pour surveiller et contrôler le traitement de leurs patients. Cette procédure améliorera également l’interaction entre les patients épileptiques, les soignants et les prestataires de soins de santé. Au-delà de son applicabilité immédiate, notre projet va aussi récolter des données uniques, à long terme, permettant ainsi une compréhension scientifique nouvelle de l’émergence des crises ainsi qu’une évaluation personnalisée des facteurs de risque.

Equipes du projet

Coordonnateur :

LE VAN QUYEN Michel

N° ORCID : 0000-0002-1616-6692

Structure administrative de rattachement : Faculté des Sciences de Sorbonne Université

Laboratoire ou équipe : INSERM U1146 - Laboratoire d‘Imagerie Biomédicale

N° RNSR : 201019128C


Autres équipes participantes :

Responsable de l'équipe 2 : Huberfeld Gilles
Département de Neurologie Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild


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