« Pour que Chaque Contact Compte » (P3C ): impact d’un programme encourageant la prévention en soins primaires au quotidien et de façon opportuniste.

Résumé de soumission

Contexte – Le poids des maladies chroniques, en France comme dans d’autres pays, est considérable (coûts générés, risque de saturation du système de soins) et tend à s’accentuer du fait du vieillissement de la population et de l’allongement de l’espérance de vie. Or, une part significative des maladies chroniques et des décès liés, sont évitables. En 2019, un tiers de l’ensemble des décès pouvaient être imputés à des facteurs de risques liés au comportement (tabagisme, mauvaise alimentation, alcool, activité physique réduite). Par ailleurs, la pandémie de COVID-19 a souligné l’impact des maladies chroniques sur les conséquences sanitaires d’autres affections et révélé les lacunes en termes de prévention de la santé mentale. En France, les pratiques cliniques préventives sont peu développées et peu formalisées, notamment en raison de l’absence de référentiels de pratiques cliniques préventives, alors même qu’une stratégie de prévention et promotion proactive, systématique et opportuniste impliquant tous les acteurs de santé semble essentielle.
Le programme “Making Every Contact Count (MECC)” mis en œuvre depuis une dizaine d’années au Royaume-Uni afin de réduire le poids des maladies chroniques, est en ce sens inspirant. Cette approche opportuniste vise à améliorer la santé physique et mentale des personnes en les aidant à modifier leurs comportements, lors de chaque contact avec le système sanitaire et social. Le programme s’appuie sur les données probantes quant à l’efficacité des interventions brèves et a montré des bénéfices notamment sur les pratiques professionnelles.
En regard de ses résultats et de l’étude de faisabilité que nous menons actuellement, il nous apparait pertinent d’implémenter un programme, « Pour Que Chaque Contact Compte » (P3C), afin de favoriser les pratiques cliniques préventives dans le système de santé français. Après une étape de mutualisation des pratiques et expériences professionnelles, P3C visera à doter les professionnels de santé de 1ère ligne, dans le cadre d’une formation, de la confiance et des compétences communicationnelles nécessaires pour délivrer des messages et encourager les modifications des 4 principaux comportements à risque – tabac, alcool, alimentation, inactivité physique – et la santé mentale.
Objectifs – L’impact du programme sera évalué dans 3 départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes (Loire, Rhône, Ardèche) : 1/ sur les stades de changement de comportement des patients (selon le modèle transthéorique de Prochaska et DiClemente); 2/ sur les processus et interactions qui contribuent aux effets.
Méthodes – L’implémentation de P3C s’appuiera sur les CPTS – nouvelle coordination des pratiques à l’échelle territoriale – qui représentent une opportunité de favoriser l’impact d’un tel programme par des facteurs organisationnels et contextuels favorables. Le programme sera implémenté dans 7 CPTS actives et s’appuiera sur plusieurs réseaux professionnels (médicaux et paramédicaux) dont certains sont partie prenante du présent projet (URPS Pharmacien AuRA, CNGE). L’impact du programme sera évalué : 1/ dans le cadre d’une étude interventionnelle, comparative, multicentrique, randomisée, en cluster de type « stepped-wedge » ; 2/ en s’appuyant sur les sciences de l’implémentation et une méthodologie mixte (cadre RE-AIM).
Perspectives – Si l’étude montre un impact positif sur le stade de changement des patients participants, elle encouragera la diffusion du programme P3C à plus grande échelle. Une plus grande exposition à des professionnels formés permettront d’obtenir des changements de comportements durables et in fine réduire l’incidence des maladies chroniques. Enfin, cette approche centrée sur la personne et l’autonomisation des changements de comportement en matière de santé constitue des compétences applicables au quotidien en consultation au-delà de ceux évalués dans cette étude, et contribuera à l’émergence d’une culture commune de prévention chez les professionnels de santé.

Equipes du projet

Coordonnateur :

VEROT Elise

N° ORCID : 0000-0003-3274-8868

Structure administrative de rattachement : CHU Saint-Etienne

Laboratoire ou équipe : Centre d’investigation clinique CIC 1408

N° RNSR : 200320132Z


Autres équipes participantes :

Responsable de l'équipe 2 : CHAUVIN Franck
Direction de la prévention de la santé des populations


Responsable de l'équipe 3 : FRAPPE Paul
Département de médecine générale, Faculté de Médecine Jacques Lisfranc Université Jean Monnet


Responsable de l'équipe 4 : ROZAIRE Olivier
Union régionale des professionnels de santé Pharmaciens Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA)


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