Tabac et Schizophrénie : Représentations et Accès des patients à la Cigarette Electronique (PSY-Cig)

Résumé de soumission

Contexte scientifique : La schizophrénie est une maladie mentale chronique grave, relativement fréquente (environ 600 000 patients en France) et classée par l’OMS parmi les 10 maladies les plus invalidantes. Toutes les études s’accordent sur l’existence d’une très forte prévalence de la consommation de tabac chez les patients schizophrènes, de l’ordre de 70% vie entière. De plus ces patients fument plus et arrêtent moins souvent le tabac que les autres fumeurs. Il en résulte une mortalité dans cette population liée pour plus de 50% à des maladies liées au tabac et une espérance de vie inférieure de 13-15 ans à celle de la population générale. Cependant le problème du tabac apparaît peu pris en compte en pratique dans la prise en charge de ces patients, sans doute en raison de difficultés liées à la maladie mentale elle-même mais aussi de l’idée très répandue que le tabac sert d’automédication au patient et que celui-ci n’est pas demandeur d’arrêter.
Ainsi, les patients schizophrènes constituent une population dont les caractéristiques justifient une approche spécifique, pour laquelle une stratégie de réduction des risques semble particulièrement adaptée. Bien que la cigarette électronique (CE) apparaisse dans ce cadre comme un outil particulièrement intéressant, son utilisation chez les patients schizophrènes est très mal connue. Par ailleurs de nombreux facteurs, dont certains liés à la maladie mentale elle-même, pourraient être des obstacles pratiques à son utilisation.

 

Objectifs : Devant le constat du peu d’initiative existant dans le domaine de la prévention secondaire du tabagisme chez les patients schizophrènes et l’absence de données sur l’utilisation et l’intérêt de la CE dans cette population en France le projet d’amorçage PSY-Cig se donne pour principaux objectifs:
1 – de mettre en place un partenariat à long terme entre chercheurs en santé publique, tabacologues et professionnels de santé s’occupant de patients schizophrènes, dans le but de déterminer les moyens d’un renforcement des actions de réduction des risques liés au tabac.
2 –d’initier ce partenariat par la réalisation d’une étude pilote qualitative réalisée sur un petit nombre de patients dans le but de préciser leurs représentations de la CE et de déterminer les principaux facteurs pouvant favoriser ou être un obstacle à l’utilisation de celle-ci.

 

Méthode : Ce projet associe l’équipe « addictologie » du Centre de Recherche en Epidémiologie et Santé des Populations (CESP/INSERM U1018) et un ensemble de services hospitaliers psychiatriques réunis au sein du Dispositif Territorial de Recherche et de Formation en psychiatrie (DTRF) de Paris-Sud.

Dans un premier temps un comité de pilotage scientifique pluridisciplinaire sera créé et définira les aspects méthodologiques de l’étude qualitative initiale. Celle-ci devrait reposer sur des entretiens face à face semi-directifs dont les questions ouvertes auront été déterminées par le comité de pilotage. Ces entretiens seront enregistrés (audio), retranscrits, traitées (codage, réarrangement, formation de catégories), avant d’être l’objet d’une analyse de contenu. Cette étude doit inclure au moins une douzaine de patients schizophrènes fumeurs, représentant l’hétérogénéité connue de ce groupe. Ces patients, volontaires, devront signer un consentement pour leur participation à cette recherche. L’analyse de contenu permettra de générer un premier jeu de questions fermées. Ces questions seront testées lors d' »entretiens cognitifs » auprès d’une nouvelle série de patients fumeurs, afin d’en vérifier la pertinence et la formulation. Cette dernière étape permettra de construire un questionnaire utilisable pour une enquête quantitative à grande échelle qui sera l’objet d’une étape ultérieure du projet.

 

Résultats attendus et Perspectives : La première retombée attendue de ce projet est de constituer un partenariat effectif et à long terme entre tabacologues, chercheurs en santé publique, et psychiatres praticiens de terrain sur le thème de la réduction des risques liés au tabac chez les patients schizophrènes.

Les résultats de l’étude pilote permettront de préciser les facteurs susceptibles de favoriser ou d’être un obstacle à l’utilisation de la CE chez les patients schizophrènes en vue d’une étude ultérieure de plus grande ampleur. Une meilleure connaissance de ces facteurs apparaît en effet nécessaire avant d’envisager une quelconque action d’informations ou de promotion de cet outil dans cette population.

Enfin, ce projet et les communications qui seront faites à son issue seront l’occasion de sensibiliser les soignants en psychiatrie au problème du tabagisme chez les patients schizophrènes et sur les moyens de les aider. Il sera aussi l’occasion pour les patients inclus de pouvoir discuter avec leur médecin de leur consommation dans une optique de prévention secondaire, quel que soit le moyen utilisé.

Synthèse finale du projet

Equipes du projet

Coordonnateur : AUBIN Henri-Jean

N° ORCID : 0000-0002-6604-6672

Structure administrative de rattachement : Université Paris-Sud

Laboratoire ou équipe : Equipe de recherche Addictologie, Centre de Recherche en Epidémiologie et Santé des Populations (CESP), INSERM 1018


Autres équipes participantes :

Responsable 2 : CORRUBLE Emmanuelle
Service de Psychiatrie hôpital de Bicêtre, Inserm U1178


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