POWER PID – L’emPOWERement des personnes handicapées mentales par l’activité physique pour gérer leurs conduites addictives

Résumé de soumission

De 1 à 3 % de la population présenterait un trouble du développement neurologique se caractérisant en premier lieu par un fonctionnement intellectuel limité, en dessous de la moyenne. Le degré de sévérité de la déficience intellectuelle s’évalue selon différentes échelles et il est aujourd’hui possible de façon relativement fiable de qualifier ces déficiences, de sévères à légères. En France, alors que la première pourrait concerner 3 à 4 personnes pour 1000, la seconde pourrait être plus fréquente et retrouvée chez 10 à 20 personnes sur 1000. Au-delà de ces considérations étiologiques et leur retentissement fonctionnel, ce qui fait situation de handicap en matière de déficience intellectuelle implique de considérer le contexte environnemental élargi et les habitudes des individus concernés, en conformité avec les modèles de la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé CIF et du processus de production du handicap, pour comprendre la déficience intellectuelle dans son quotidien.
En matière de santé, entre autres facteurs, l’espérance de vie augmentant chez les personnes présentant une déficience intellectuelle, l’incidence des cancers apparaît être la même en population générale que dans cette population, les types de cancer n’étant cependant pas les mêmes. Il n’en reste pas moins, comme la dernière expertise collective de l’Inserm sur les déficiences intellectuelles le souligne, que les actions de prévention du cancer sont encore au stade expérimental pour la lutte contre le surpoids et l’obésité et pour la consommation de tabac et d’alcool.
En effet, sur ce dernier point, la consommation de substances addictives n’étant pas exclusive à la population générale, les personnes présentant une déficience intellectuelle sont aussi des usagers de tabac, d’alcool, de cannabis ou peuvent faire montre d’autres addictions comportementales ou sans produits. Les prévalences sont toutefois plus faibles dans cette population qu’en population générale même si aucune enquête dédiée ne permette de clairement quantifier le phénomène. Un fait saillant serait que plus la déficience intellectuelle tend à être légère plus les conduites addictives, dans leurs niveau et intensité, se rapprochent de celles de la population générale, en tout cas pour le tabagisme. Ce sont peut-être ces moindres prévalences qui expliquent pourquoi il n’existe que peu d’outils ou de programmes de prévention des conduites addictives spécifiquement dédiés à ces populations.
Sachant qu’accroitre le pouvoir d’agir des personnes présentant un handicap intellectuel vis-à-vis de leur santé est souhaitable et possible, et sous l’hypothèse déjà confirmée que la pratique sportive et l’activité physique sont de pertinent vecteurs d’amélioration de leur état de santé, l’ambition première du POWER PID Project est de co-élaborer une méthode d’empowerment des personnes déficientes intellectuellement visant à prévenir leurs conduites addictives grâce à la pratique d’activités physiques. Un second objectif consiste à documenter qualitativement les freins et les facilitateurs au processus de co-construction de cette méthode. Un troisième réside en l’évaluation réaliste de son appropriation par d’autres personnes en situation de handicap intellectuel et en une évaluation quantitative de ses effets grâce à un essai contrôlé non randomisé multicentrique.
Pour réaliser cette méthode d’empowerment et tester ses effets, un partenariat motivé de chercheurs et de professionnels et surtout de citoyens concernés a été créé. L’UNAPEI Hauts-de-France et ses adhérents ouvriront leur porte et accueilleront le dispositif de co-construction de la méthode d’empowerment et permettront son évaluation après déploiement sur trois différents sites géographiques. Le centre de recherche en participation sociale HADéPaS (Institut Catholique de Lille), l’association DKpulse spécialisée dans l’ingénierie sportive et les activités physiques adaptées et Hauts-de-France Addictions, spécialisée en prévention des conduites addictives participeront et animeront l’ensemble du projet. La coordination scientifique et l’évaluation quantitative du projet seront réalisées par des chercheurs de l’Université de Lille, économistes de la santé publique et des conduites addictives (LEM UMR 9221 CNRS). D’importantes retombées scientifiques et sociétales sont attendues à l’issue de ce projet : montrer, démontrer et augmenter la capacité des personnes en situation de handicap intellectuel à s’empowerer sur les questions relatives à leur santé et leurs pratiques addictives. Résolument inscrit dans le territoire régional, le POWER PID Project n’en recherche pas moins, après évaluation, qu’un partage et une diffusion les plus larges possibles.

Equipes du projet

Coordonnateur : BEN LAKHDAR Christian

N° ORCID : 0000-0002-1572-3389

Structure administrative de rattachement : Université de Lille

Laboratoire ou équipe : Lille – Economie – Management (LEM) UMR 9221 CNRS

N° RNSR : 201521703E


Autres équipes participantes :

Responsable 2 : TESTELIN Marie-Ange
Hauts-de-France Addictions


Responsable 3 : ROUTIER Cédric
Hadépas ICL


Responsable 4 : NGUGEN Sébastien
UNAPEI


Responsable 5 : PIT Sandra
DK Pulse


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