Evaluation de l’impact, de la viabilité et de la transférabilité d’un dispositif d’accompagnement en RDRD Alcool basé sur le rétablissement en santé mentale (VITAE)

Résumé de soumission

Contexte scientifique

 

Parmi les consommateurs d’alcool, les sujets avec addiction présentent un risque accru de dommages sociaux, une mortalité plus importante avec une espérance de vie de 9 à 20 ans plus courte que celle de la population générale. Traditionnellement en France, la prise en charge des addictions liées à l’alcool repose encore sur des cures dont l’objectif est l’abstinence. Cependant, à l’issue de celles-ci, environ 90% des personnes traitées rechutent après 4 ans d’un traitement complet.

 

Objectifs et hypothèse(s) de recherche

 

Compte tenu du fardeau lié à l’alcool et des difficultés à obtenir une efficacité des stratégies centrées sur l’abstinence de l’alcool, il devient nécessaire d’imaginer d’autres modalités de prise en charge des personnes souffrant d’addiction à l’alcool prenant en compte la complexité de la pathologie et les facteurs psycho-sociaux qui déterminent sa trajectoire. Cet accompagnement psychosocial s’insère dans une stratégie particulière : la réduction des risques et des dommages (RDRD) encouragée par l’European Medicines Agency et historiquement déployée auprès des usagers de substances illégales. Cet accompagnement fait l’objet dans certaines études d’un préalable à toute prise en charge. C’est le principe du rétablissement en santé mentale.

Même si ce n’est pas leur objectif premier, ces deux concepts (RDRD et rétablissement en santé mentale) sont susceptibles d’influencer les facteurs de sévérité et de rechute de l’addiction via leur principe et les stratégies concrètes qui les caractérisent – d’accueil, d’intervention sociale et communautaire, de décentrage du produit lui-même et son usage, de renforcement de l’agentivité des personnes, de la reconnaissance des capacités et talents. Ils sont ainsi susceptibles de réduire l’usage, voire de le suspendre. La question qui se pose alors est celle de la mesure (de la quantification) des bienfaits de ces stratégies sur l’exposition à un cancérigène comme l’alcool.

Depuis 2014, en région PACA, l’association SANTé ! travaille à élaborer un modèle d’intervention nommé IACA (Intégrer et Accompagner les Consommations d’Alcool) basé sur ces 2 concepts.

Les premiers résultats à un an de ce dispositif se sont révélés prometteurs puisque sur 17 personnes ayant reçu l’intervention, toutes ont eu un bénéfice social ou de santé, associé pour 13 d’entre elles à une stabilisation (n=4), réduction (n=7) ou arrêt (n=2) de l’usage d’alcool.

Au vu de ces résultats, nous souhaiterions évaluer le dispositif IACA ainsi que sa transférabilité et sa viabilité. C’est l’objet de la présente candidature.

 

Descriptif de l’intervention

 

IACA est élaborée et orientée vers les pratiques professionnelles pour accompagner les intervenants de terrain à mettre en œuvre une relation avec les personnes consommatrices d’alcool basée sur des postures RdR Alcool. Il s’agit alors de pouvoir parler, accueillir et prendre en charge selon les nouveaux principes RdR Alcool.

 

IACA s’organise en 5 séquences : 1) accueil/ alliance, 2) sécurisation, 3) stabilisation, 4) allègement progressif de l’accompagnement /veille quant à la pérennisation et l’autonomie, 5) Veille et validation que l’étayage est satisfaisant. En termes d’activités, IACA articule des entretiens, un accompagnement basé sur les freins au mieux-être, des temps d’accueil collectif informel, un soutien intensif, adapté aux besoins de la personne (besoins de santé, sociaux, etc.) et favorisant la reconstruction de ses capacités à prendre soin d’elle-même, etc.

 

Méthodes

 

Nous proposons d’évaluer ce dispositif à l’aide d’une étude multi-cas mobilisant des méthodes mixtes (associant recueil quantitatif et qualitatif)

 

Perspectives et impacts en termes de santé publique

 

Cette étude mettra en évidence les conditions de viabilité et transférabilité de IACA et permettra de :

o Définir les fonctions clés d’IACA, comment celles-ci s’articulent dans différents contextes et comment elles peuvent être adaptées du point de vue de la forme.

o Élaborer un guide pour accompagner au déploiement d’IACA dans d’autres centres.
Cette évaluation permettra l’analyse d’une intervention prometteuse qui pourra intervenir dans la prise en charge de dizaines de milliers de patients actuellement en impasse thérapeutique. Les retombées humaines et sociales de ce projet sont donc majeures.

Equipes du projet

Coordonnateur : CAMBON Linda

N° ORCID : 0000-0001-6040-9826

Structure administrative de rattachement : CHU de Bordeaux

Laboratoire ou équipe : Équipe émergente de recherche Inserm-UB U 1219, BPH

N° RNSR : 201622170H


Autres équipes participantes :

Responsable 2 : AURIACOMBE Marc
Université de Bordeaux - Equipe addiction SANPSY CNRS USR 3413 ; Plateforme d’évaluation, pôle addictologie, Ch. Perrens, Bordeaux (FHU Talisment)


Responsable 3 : ALLA François
Université de Bordeaux - INSERM-UB U 1219, BPH


Responsable 4 : BLANC Hélène
Association Santé !


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