Comprendre les changements d’implication des médecins généralistes dans la prise en charge en soins premiers des patients ayant un trouble de l’usage des opioïdes (Impli-MG-TUO)

Résumé de soumission

Contexte

 

En France environ 80% des personnes ayant un trouble lié à l’usage des opioïdes reçoivent un MSO, ce qui est bien plus que la moyenne européenne. Ceci est en lien avec la place prépondérante de la buprénorphine. Près de 80% des prescriptions de buprénorphine proviennent de médecins libéraux, dont 98% sont des médecins généralistes.

Selon SOS addictions, la prise en charge du TUO serait menacée en France. Actuellement, seulement 5% des MG suivraient des patients ayant une addiction à ces substances alors qu’ils étaient 20% dans les années 1990. Une étude récente menée sur les données du système national de santé de 2009 à 2015 confirme cette diminution de l’initiation des traitements par buprénorphine par les MG en France avec en 2009 10,3% des MG initiant des prescriptions de buprénorphine contre 5,7% seulement en 2015, tandis que le nombre de patients recevant ce traitement était lui en augmentation.

 

Objectifs

 

Nous souhaitons ainsi explorer les freins à l’implication des médecins généralistes français dans la prise en charge de ces patients en soins premiers, avec un focus sur la prescription de buprénorphine, vingt-cinq ans après sa mise sur le marché.

 

Hypothèses de recherche

 

Nous attendons d’obtenir une compréhension profonde du changement de l’implication des MG dans la prescription de buprénorphine.

 

Méthodes

 

Le type d’étude choisi pour répondre à l’objectif est une étude mixte de type séquentiel explicatif QUAN -> qual comprenant une enquête épidémiologique transversale descriptive complétée par une étude qualitative afin de comprendre les freins et les leviers à l’implication des MG dans la prescription de buprénorphine. Les résultats qualitatifs serviront principalement à fournir un éclairage supplémentaire aux résultats quantitatifs (décrire plus en détail les raisons des barrières à la prise en charge des patients, à la prescription de buprénorphine, décrire les profils des MG selon leur implication).

Le questionnaire aura 2 parties distinctes :

– Une première déclarative dans laquelle les MG seront interrogés sur leur perception concernant la prescription de buprénorphine dans le cadre d’une substitution ;

– Une seconde partie sera complétée par les informations relatives à la dernière prescription de buprénorphine réalisée au moment de l’enquête afin d’évaluer de façon plus concrète leurs motivations à la prescription, les facteurs favorisants et les freins.

Des entretiens semi dirigés individuels et des groupes de discussion (focus groups) avec des médecins généralistes permettront de recueillir les données pour l’enquête qualitative. Ces médecins seront sollicités par réseau des chercheurs impliqués dans le projet et par effet boule de neige. Un échantillon théorique d’une quarantaine de MG sera constitué de manière raisonnée et en variation maximale. Le guide d’entretien composé de questions ouvertes explorera les freins et leviers ressentis par les MG à l’initiation de buprénorphine en médecine générale. Le guide d’entretien pourra évoluer au fil des entretiens. Les entretiens seront réalisés par des chercheurs formés en recherche qualitative. L’analyse sera débutée de façon concomitante à la collecte des données. La saturation théorique des données sera recherchée avant de clore les entretiens. Une analyse thématique sera réalisée selon la méthodologie de Miles, Huberman et Saldana. Les entretiens seront tous codés et analysés par deux chercheurs pour s’assurer de la solidité des analyses.

 

Perspectives

 

Cette étape exploratoire pourrait constituer le point de départ pour un projet de recherche interventionnel (en fonction des résultats obtenus) visant à renforcer l’implication des acteurs en leur proposant des interventions adaptées à leurs besoins.

 

Impact en santé publique

 

Les résultats de cette recherche constitueront un apport important comparé aux études déjà disponibles sur le sujet. Sur le plan qualitatif, les rares études qualitatives existantes sont limitées à des régions géographiques ou à des conditions d’exercice bien particulières. Le volet qualitatif de ce projet permettra de connaître la perception des médecins généralistes en tenant compte de la diversité des modes d’exercice de la médecine générale sur l’ensemble du territoire français. De plus, l’utilisation d’une méthodologie mixte nous donnera la possibilité de conjuguer une vision d’ensemble du phénomène de la perte de vitesse de la prescription de buprénorphine en médecine générale, avec une analyse fine et détaillée des perceptions et préoccupations des médecins à l’égard de ce problème. À notre connaissance, aucune étude existante sur le sujet n’a à ce jour intégré la dimension qualitative et la dimension quantitative de ce problème.

Nos résultats seront directement utiles à la pratique médicale et à l’amélioration de la prise en charge des personnes en TSO.

Equipes du projet

Coordonnateur : DUPOUY Julie

N° ORCID : 0000-0001-7801-286X

Structure administrative de rattachement : Université Toulouse III Paul Sabatier

Laboratoire ou équipe : Département universitaire de médecine générale, Faculté de médecine de Toulouse

N° RNSR : 199221775H


Autres équipes participantes :

Responsable 2 : BLANCHON Thierry
INSERM - Institut Pierre Louis d'Epidémiologie et de Santé Publique (IPLESP) ; UMR S 1136 Inserm Sorbonne Université


Responsable 3 : LAPEYRE-MESTRE Maryse
CHU Toulouse - Centre d’Investigation Clinique (CIC) 1436


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