APROCHES – Les Addictions dans le PROgramme « Un CHEz Soi d’abord »

Résumé de soumission

Le programme « Un chez soi d’abord » a été développé à titre expérimental dans 4 villes françaises (Lille, Marseille, Toulouse et Paris) depuis 2011. Il cible une population présentant des troubles psychotiques en situation de précarité sociale, ayant des besoins sanitaires élevés, et présentant de ce fait bien souvent des conduites addictives associées. Il propose un logement à la personne tout en la faisant suivre par une équipe interdisciplinaire. Le programme repose sur le principe d’un droit fondamental au logement sans condition d’abstinence ou de réduction des consommations. Il est piloté par la Délégation interministérielle pour l’hébergement et l’accès au logement en lien avec les administrations centrales concernées. Dans le cadre de l’évaluation de ce programme souhaitée par les autorités publiques, le Professeur Pascal Auquier et son équipe ont mis en place en 2010 une étude multicentrique, prospective, comparative et randomisée visant à en apprécier l’efficacité en comparaison avec les offres sanitaires et sociales habituelles. Compte tenu de la richesse des informations recueillies auprès des patients, les travaux conduits à ce jour n’ont pu aborder l’impact du programme sur les addictions alors que près de 80% des personnes incluses présentent des troubles addictifs (abus ou dépendance d’alcool ou de substances).
Le projet de recherche proposé vise à compléter ce pan de l’évaluation. Il a comme premier objectif d’examiner l’impact du programme « Un chez soi d’abord » sur les comportements addictifs des personnes en situation de précarité sociale et présentant des troubles psychiatriques qui en bénéficient. Il propose d’analyser les résultats de ce programme sur les troubles addictifs à la lumière des données quantitatives disponibles à ce jour auprès d’une population de 703 personnes, ainsi qu’à partir d’une approche biographique retraçant des parcours de consommation de drogues licites et illicites. L’apport du programme s’agissant des troubles addictifs sera ainsi également envisagé du point de vue des personnes recrutées et de leur vécu singulier du dispositif, mais aussi du point de vue des professionnels socio sanitaires impliqués, sur la base de leur expertise de l’offre sanitaire et sociale existante à destination des personnes sans-abri présentant des troubles addictifs.
Parallèlement, le projet de recherche entend mener une réflexion sur l’intrication des comorbidités psychiatriques et addictives. L’interaction entre troubles psychiatriques et addiction est au cœur des réflexions sur la prise en charge des personnes en situation de grande précarité et/ou présentant des troubles addictifs. Compte tenu de l’ampleur de la population présentant des troubles addictifs dans l’expérimentation, « Un chez soi d’abord » constitue une opportunité inédite pour aborder cette problématique en comparant les caractéristiques des personnes incluses dans l’expérimentation à la littérature internationale. Il s’agira de caractériser le plus finement possible le profil des personnes présentant des troubles addictifs bénéficiant du programme. On fait l’hypothèse que ces personnes présentent des « parcours de vie » spécifiques émaillés, par exemple, d’une exposition particulière à la violence, de confrontations régulières à la justice, tout comme de pratiques sexuelles « à risque ».
Cette recherche doit permettre d’éclairer les pouvoirs publics sur l’opportunité et les conditions requises pour la généralisation de ce modèle d’intervention anglo-saxon dans le contexte français, en vue d’apporter des réponses nouvelles aux populations présentant des conduites addictives. D’une manière plus générale, elle vise à proposer des stratégies d’accompagnement complémentaires adaptées à une population en grande précarité sociale et psychique présentant des conduites addictives. Examiner l’impact du programme « Un chez soi d’abord » sur les conduites addictives s’avère d’autant plus nécessaire que la littérature internationale sur l’efficacité des programmes de type « Housing First » en matière de réduction des troubles addictifs fournit peu de conclusions solides sur le sujet à cause de critères d’inclusion défaillants du point de vue des pratiques addictives. Le projet de recherche proposé doit permettre d’éclairer les effets du programme en matière d’addiction en croisant plusieurs angles de vue : l’évolution des niveaux de sévérité des troubles addictifs, l’évolution des parcours individuels, et l’appréciation subjective des personnes-patients mais aussi des professionnels investis dans le programme sur celui-ci.

Synthèse finale du projet

Equipes du projet

Coordonnateur : TINLAND Aurélie

N° ORCID : 0000-0002-8168-930X

Structure administrative de rattachement : APHM

Laboratoire ou équipe : Unité d’Aide à la Recherche Clinique, Méthodologie, épidémiologie et économie de la santé EA3279 Santé Publique : Maladies Chroniques et Qualité de vie

N° RNSR : 200023422N


Autres équipes participantes :

Responsable 2 : CAYLA Françoise
ORS Midi Pyrénées


Responsable 3 : BECK François
OFDT


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